BASSAI DAI

Briser, assaillir la forteresse

Bassai signifie 'briser, assaillir la forteresse'. Il est utilisé pour désigner 2 kata principaux et essentiels du Karate d'origine Shuri-Te. Le plus connu des deux est Bassai Dai (où dai signifie 'long' en japonais). L'autre se nomme Bassai Sho (sho signifiant 'court' ici en japonais et non 'un' comme dans Shodan).

 

Bassai Dai

Bassai Dai (Passai, Patsai) est en karate un des kata les plus anciens consistant en une suite rapidement exécutée de mouvements de combat. Il prend son origine dans les Kata Tōde d'Okinawa. On suppose que ce kata était déjà enseigné dans une forme embryonnaire au xiiie siècle par des maîtres chinois et aurait été introduit à Okinawa par les voies commerciales. Il n'est par contre malheureusement pas facile de savoir quand et comment Bassai Dai a pris sa forme actuelle.

 

Bassai Dai appartient au groupe des kata Shorin-ryu (combinaison des styles Shuri-Te et Tomari-Te) dont le but par sa pratique est d'améliorer la vitesse du Karateka. La caractéristique principale du kata est que chaque technique individuellement est exécutée de manière rapide et puissante. Il contient de nombreux blocages et projections et comparativement peu de techniques de jambe. Avec environ 40 mouvements uniques, Bassai Dai est un kata long et exigeant physiquement. Néanmoins, il est un des kata qui est pratiqué aussi bien dans le Dōjō que pendant les compétitions.

Il existe de nombreuses variantes de ce kata qui sont enseignées dans les différents styles de karate et qui sont en général nommées selon le nom du maître les ayant créées (le mot japonais 'No' signifiant 'de', 'selon', 'd'après').

JION

Temple boudhiste 

Jion a plusieurs significations ; amour, pitié, et fait référence à un vieux terme boudhiste ou à un vieux temple. Jion est aussi une autre manière de lire les caractères chinois Shao et Lin, qui réfèrent au célèbre temple Shaolin-si considéré comme le berceau des arts martiaux.

 

Ce kata vient probablement de Chine; la garde de départ est une trace évidente de son appartenance à d'anciennes écoles de boxe chinoise. Il a ensuite été repris à Tomari d' Okinawa vers 1663 ou 1680.

 

Sensei Funakoshi le présentait comme un kata de Shorin Ryu (Tomari-Te) que lui aurait enseigné sensei Itosu. Ce kata est aussi étudié dans le style Wado-ryu, Shito-ryu et en Kobayashi-ryu. Jion est un kata très solide, avec peu de techniques extravagantes. Il y a trois parties dans ce kata, mais la ponctuation entre ces parties est un point-virgule, et non pas un point. Il ne faut jamais avoir la sensation de s'arrêter entre chaque partie, il faut toujours sentir une continuité.  

KANKU DAI

Regarder le ciel

Kanku-Dai est le plus long des katas Shotokan puisqu'il comporte une soixantaine de mouvements. L' ouverture du kata est très intéressante pour son interprétation philosophique: les deux mains montent en triangle vers le ciel avec le regard qui suit la lucarne du triangle, avec la sensation de voir la vérité à travers le vide. Ce vide n'est pas l'absence de toute pensée, mais l'absence de pensées égoïstes, d'inquiétudes personnelles, du futur.

Quand ces pensées inutiles sont éliminées, la conscience de ce qui se passe vraiment est palpable. Cette gestuelle d'ouverture se retrouve, avec des variantes, dans d' autres styles de karaté. La signification est générale et ancienne, pas nécessairement en rapport avec Kanku-dai.

Le kata, sous sa forme courte, comme sa forme longue a subi de nombreuses modifications en 100 ans, les dernières étant dues à Nakayama Masatoshi de la J.K.A. Kanku (Kwanku) est la traduction que Funakoshi a donné à Kushanku. Le nom Okinawaien du kata était Koshokun ( en chinois Kwang-Shang-Fu). Ce kata aurait eu pour nom celui du maître chinois créateur de ce kata, Kwang-Shang-Fu (Ku-Shan-Ku) qui séjourna à Kunemura sur l'île d'Okinawa entre 1756 et 1762, dans le cadre de relations culturelles et commerciales.

HANGETSU

Demi-lune

Kata conseillé pour le travail de la respiration et le développement musculaire. Au cours des déplacements, le pied schématise une demi-lune en décrivant un arc de cercle. Il faisait partie des 15 katas pris par Funakoshi dans son enseignement lors de sa venue au Japon en 1922.

EMPI

Vol de l'hirondelle

Un des plus anciens kata (1683) de la branche Tomari-te d'Okinawa. Son nom ancien était Wanshu, et  il est apparu à Okinawa en 1683. Funakoshi l'a ensuite rebaptisé Enpi pour ne pas froisser ses hôtes japonais en leur rappelant que leur culture était d'origine chinoise. Enpi contient 36 mouvements, les mouvements de la hanche dans ce kata sont très importants, il contient également un saut assez particulier.  C'est un kata d'exécution rapide qui se distingue par ses pivots, ses évolutions au ras du sol, des montées et de descentes du centre de gravité et l'agilité requise pour une exécution fluide. Le tempo de ce kata fait penser au vol d'une hirondelle avec ses nombreux changements de positions haute-basse.

 

La théorie le plus généralement acceptée de sa création et développement est que Sappushi Wang Ji, un fonctionnaire de Xiuning, ait transmis le kata en venant travailler à Okinawa. La légende est que Wang Ji avait l'habitude de se lancer et bondir sur ses adversaires. À cause de cette forme dynamique de combat, ce kata ressemble à un vol d'hirondelle.

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